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Atelier CINEMA

Les résidents du Mas de la CÔte Bleue à la découverte du monde du cinéma et la confection d'un court métrage

Publié le 28.01.20 - Le quotidien en maison de retraite : animations / activités / évènements / vie sociale et culturelle

Grâce à de précédents échanges avec Carine Plazy, cheffe de mission cinéma et audiovisuel pour le pays de Martigues, un groupe d’entre nous, résidents du Mas de la Côte Bleue a pu tout au long d’un après-midi, ce jeudi 9 janvier participer au tournage d’un court métrage.

L’importante donation d’un collectionneur martégal est à l’origine de la cinémathèque, la ville a su parfaitement la mettre en valeur. Le matériel et les documents exposés résument l’histoire de l’invention du cinéma et de son prodigieux développement culturel et industriel. Depuis les premiers dispositifs « d’images animées » datant du milieu du 19iéme siècle jusqu’aux caméscopes actuels en passant par les premiers appareils de prise de vue de l’époque des frères Lumière. A cela s’ajoutent des affiches de films, un stock de 2500 pellicules provenant du monde entier, vraisemblablement d’une grande valeur.

Au passage, on aperçoit quelques extraits de films « culte » qui nous rappellent que le film marseillais est un des genres du cinéma français qui a connu son heure de gloire dans les années trente avec ses auteurs, ses acteurs au talent inimitable et ses chansons

Tout cela donne à la cinémathèque sa renommée nationale

« MOTEUR CA TOURNE ! » sur ce clap impératif, les visiteurs que nous étions se sont transformés en élèves acteurs attentifs aux recommandations du réalisateur, julien Chauzit, notamment ne jamais regarder la caméra et être le plus naturel possible

Entouré de son équipe, 4 ou 5 personnes, chefs opérateurs, preneur de son, assistant, toutes et tous, jeunes intermittents du spectacle travaillant dans ce film bénévolement, il nous a exposé rapidement le scénario. « A Martigues un groupe de séniors, ouverts à l’écologie et inquiets par le changement climatique, est invité à participer à une discussion sur ces sujets. La réunion est privée, chacun devra éviter que des militants radicaux se joignent aux invités. Une intrusion de ce type est prévue dans le script, il faudra la gérer »

Le tournage commence : depuis la rue, nous avons gagné la petite salle de projection où va se tenir la réunion, en nous retournant pour vérifier que nous n’étions pas suivis par d’éventuels porteurs de pancartes. Un peu trop compassés sans doute, nous avons dû répéter notre entrée une seconde fois, puis nous nous sommes assis, le dos tourné à l’écran sur lequel étaient projetées des vues de la forêt australienne ravagée par les incendies. Le thème de l’entrée en matière est tout trouvé « jamais cela chez nous ! » Nous en étions là de nos premiers échanges, il faut bien dire assez convenus, quand des inconnus, deux dames et un monsieur se sont présentés. Nous sommes intervenus en leur expliquant qu’il s’agissait d’une réunion privée puis en les priant poliment de sortir. Le réalisateur nous a demandé de refaire cette scène en « la muselant » Nous étions un peu embarrassés, alors les deux groupes se sont jetés à l’eau et ont improvisé.

Les nouveaux arrivants se sont excusés, et nous ont dit qu’ils avaient appris qu’une réunion sur le climat et l’écologie se tenait à la cinémathèque. De notre côté après une brève concertation, voyant qu’ils n’avaient rien de gens inquiétants et qu’ils se recommandaient d’une de nos connaissances, nous avons décidé de les laisser entrer et prier de s’asseoir

Avec naturel le vrai débat a commencé, nous nous sommes trouvés partagés en deux camps : celui des dames qui venait de nous rejoindre, plus radical, le monsieur lui avait accepté la fonction de perchman. Nos interlocutrices mettaient vivement en cause l’industrie pétrochimique de l’étang de Berre, responsable de la pollution atmosphérique pour la production de bio diésel. De notre côté nous écartions toute fermeture de site industriel avant l’étude sérieuse de reconversion sauvegardant l’emploi. Le débat était vif, nos interlocutrices vilipendaient les pouvoirs publics allant jusqu’à crier «  on nous empoisonne ! » bien sûr sans jamais en venir aux mains !

« COUPEZ » le tournage était terminé. Nous avons été mobilisée une bonne heure pour quelques minutes de court métrage, après le montage, opération essentielle qui donne au film sa physionomie définitive

Après une pause bien méritée et des rafraîchissements, nous avons assisté à la projection des rushes. La personne responsable des tournages nous a remerciés, il ne s’agissait peut-être pas de simple courtoisie de sa part, puisqu’elle nous a demandé noms, prénoms photos et adresses en vue de pouvoir compléter un casting comme figurants lors d’un éventuel tournage, nous avons réservé notre réponse !

Cette visite nous a rappelé que le pays martégal possède un important patrimoine culturel et industriel cinématographique, grâce notamment à ses sites naturels source d’inspiration, et à son climat se prêtant aux extérieurs avec la présence sur place d’infrastructures et de professionnels de tous les métiers du cinéma

Martigues, « Venise provençale » aura peut-être un jour une « mostra » comme sa sœur des rives de l’Adriatique !

M. Pierre BRUNE

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